Bonjour Pascal Zavaro, et bienvenue sur le site musique-nouvelle.fr : Tout d’abord, pourriez-vous nous définir en quelques mots votre univers artistique et musical ?

Mon univers artistique a été défini par la formation que j’ai reçu dans ma jeunesse. Je suis né dans une famille de plasticiens, et par-là je suis très sensible à la couleur et aux formes, des éléments qui se transposent dans la musique. J’ai d’ailleurs beaucoup appris à composer grâce à ma connaissance de la peinture. Aussi, ma formation s’est effectuée de front entre musique classique et pop : Dès l’adolescence j’ai participé à différents groupes de rock avec mes amis lycéens, où je jouais notamment de la batterie et de la guitare.

Et aujourd’hui ?

Désormais je me suis détaché progressivement de la musique pop pour ne m’intéresser quasi-exclusivement qu’à la tradition savante de la musique occidentale, de toutes époques. J’écris par exemple en ce moment un ground, pour lequel j’étudie énormément d’œuvres de Purcell, notamment les Fantaisies pour violes, et particulièrement le célèbre Three Parts upon a Ground.

Mes goûts musicaux ne sont pas spécifiques, j’ai les goûts de tout un chacun… il y a en revanche certains compositeurs que j’apprécie moins, comme Wagner, Richard Strauss ou Scriabine. Au contraire je suis très attachés aux musiques de Gesualdo, Berlioz ou Fauré. Mais ce n’est pas parce qu’on trouve ses influences chez des compositeurs morts il y a plusieurs siècles que l’on se sent forcé de les imiter : Par exemple, je ne pense pas que ma musique vocale ressemble à celle de Gesualdo, pourtant il est probablement le compositeur que j’ai étudié avec le plus d’intensité.

D’une manière plus large, comment est née chez vous le désir de devenir compositeur ?

Tout simplement par le fait que je ne trouvais pas ce que je souhaitais dans la musique contemporaine. J’étais percussionniste et les créations que je faisais en jouant avec des ensemble spécialisés m’ennuyaient. De plus je sentais que j’avais au fond de moi besoin de choses nouvelles, car je n’étais pas entièrement « classique » (en tant que percussionniste), doublé du fait que j’étais issu d’un milieu où la création était au centre et où l’on ne se contentait pas de reproduire des choses du passé. C’est donc un ensemble de paramètres qui ont fait de moi un compositeur.

Et à propos de votre actualité créatrice, pourriez-vous nous parler de vos prochaine projets ?

Comme je le disais tout à l’heure j’écris actuellement un ground mélodique pour quatuor avec piano, destiné au Quatuor ABEGG pour le festival Musicansy, une pièce qui s’intitulera Aristophanes on the Ground.

Je viens également d’être nommé compositeur en résidence pour deux ans auprès de l’Orchestre de Picardie, qui va donc programmer plusieurs concerts de ma musique, ainsi qu’un Concerto pour clarinette qu’ils m’ont commandé, et qui devrait être créé dans deux saisons.

Dans un futur plus proche, je vais également écrire une courte pièce de 5 ou 6 minutes à destination de l’ensemble vocal Apostroph’ : Cries of Tokyo. Une pièce qui viendra s’insérer dans un programme autour des Cris de Paris de Janequin, et des Cries of London de Berio. Mais contrairement à Berio qui évoque dans son œuvre les cris des vendeurs de rue du vieux Londres, je vais opter avec mes Cries of Tokyo pour une thématique plus contemporaine : en effet, le texte sera entièrement constitué d’annonces diffusées dans les stations du métro de Tokyo, afin d’imaginer un véritable périple à travers la ville, peut-être même un trajet que j’aurai pu faire là-bas lors de mes études à la Toho Gakuen !